Cadrage du forum

Contexte

En ce début du 21ème siècle, jamais l’humanité n’a connu autant d’inquiétude pour son devenir sur la planète terre. Une urbanisation galopante, un changement climatique de plus en plus menaçant, avec des effets de plus en plus ravageurs, des déficits de plus en plus intolérables en matière d’accès aux basiques de la dignité humaine, des tensions exacerbées par des conflits politiques, géostratégique, idéologiques ou religieux, une crise sanitaire sans précédents, autant de défis que la communauté internationale tente de relever.

La globalisation, renforcée par les progrès fulgurants des nouvelles technologies de communication, consolide la communauté des destins des différentes nations, et renvoie à l’impérieuse nécessité de prospecter des solutions consensuelles à l’échelle de toute la planète. 

La décennie que nous venons de quitter, a été, en conséquence, le théâtre d’engagements spectaculaires de la communauté internationale. En effet, entre 2015 et 2016, et sous la houlette des nations unies, 4 importants agendas ont été adoptés (par ordre chronologique) :

  • Cadre d’action de Sendai pour la réduction des risques de catastrophe 2015 – 2030 : adopté le 18 mars 2015, à Sendai (Japon), par les représentants de 187 États Membres des Nations Unies, après des négociations marathon. Il s’agit d’un nouveau cadre de réduction des risques de catastrophes qui vise à réduire considérablement les pertes en vies humaines et les dommages matériels causés par les catastrophes d’origines naturelles à l’horizon 2030.
  • Agenda 2030 : adopté lors du Sommet sur le développement durable, tenu le 25 Septembre 2015 au siège des nations unies, par les dirigeants du monde entier. Cet agenda comprend un ensemble de 17 Objectifs de Développement Durable (ODD) pour, entre autres, mettre fin à la pauvreté, lutter contre les inégalités et l’injustice et faire face au changement climatique d’ici à 2030. Les ODD viennent se substituer aux Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), et donner un caractère international à l’engagement de l’humanité pour le développement durable. L’ODD 11, préconise notamment de : « faire en sorte que les villes et les établissements humains soient ouverts à tous, sûrs, résilients et durables »
  • Accord de Paris : adopté le 12 Décembre 2015, lors de la Cop 21 (France), par les parties à la Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC). Cet accord historique vise à lutter contre le changement climatique et à accélérer et intensifier les actions et les investissements nécessaires à un avenir durable à faible émission de carbone. L’objectif central étant de renforcer la réponse mondiale à la menace du changement climatique en maintenant l’augmentation de la température mondiale à un niveau inférieur à 2 degrés Celsius par rapport aux niveaux préindustriels et de poursuivre les efforts pour limiter encore davantage cette augmentation de température à 1,5 degré Celsius. L’accord vise, également, à accroître la capacité des pays, notamment les plus vulnérables, à faire face aux impacts du changement climatique et à rendre les flux financiers compatibles avec un faible niveau d’émissions de gaz à effet de serre (GES).
  • Nouvel Agenda Urbain : adopté lors de la Conférence Habitat III à Quito, en Équateur, le 20 octobre 2016. Le nouvel agenda urbain, transpose l’ambitieux Agenda 2030 dans le contexte des villes et des établissements humains à travers le monde, et énonce une vision pour le développement urbain durable avec comme thèmes transversaux l’inclusion, les droits humains et la lutte contre toute forme de discrimination dans les villes.

Sur le plan national, le Maroc a connu, au cours des dernières décennies, de profondes transformations ; la transition démographique, l’urbanisation fulgurante des villes, les flux migratoires (exode rural et immigration sub-saharienne). De nouveaux défis ont surgis tels que la métropolisation, la crise sanitaire, la résilience des territoires, l’insécurité urbaine, la vulnérabilité des ressources naturelles au changement climatique, notamment l’eau,…. Ceci met de la pression sur les décideurs et appelle à plus d’ingéniosité pour entrevoir des solutions innovantes, adaptatives et efficientes, dans le but d’assurer à nos villes un développement harmonieux et à nos concitoyens un bien-être pérenne.

Conscient de la nécessité d’organiser cette urbanisation galopante et d’encadrer l’extension urbaine, le Maroc s’est doté de plusieurs textes juridiques améliorés et cohérents régissant le domaine de l’urbanisme et de la construction. Ces textes qui tentent de tenir compte des spécificités locales permettent également de répondre aux objectifs du développement durable et prônent l’approche participative pour la co-construction du cadre de vie urbaine à travers l’enquête publique et les délibérations communales.

Pour accompagner et encadrer sa dynamique urbaine, le Maroc a également conçu dans une approche de concertation élargie, le Schéma National d’Armature Urbaine (SNAU) qui a permis d’asseoir une vision de développement urbain à l’horizon 2050, susceptible d’ériger des villes marocaines en pôles réels de développement, de compétitivité, d’attractivité et d’espaces d’innovation et d’assurer la structuration et l’encadrement des territoires.

Par ailleurs, le Maroc, mu par la volonté de l’élaboration et la mise en œuvre d’un nouveau modèle de développement, s’engage dans un processus de remise à plat de paradigmes qui ont longtemps prévalu dans la conception et la mise en œuvre des politiques publiques. Sur la question urbaine le NMD a apporté plusieurs préconisations :

  • Refonte de la doctrine de l’aménagement du territoire
  • Consacrer une nouvelle doctrine de l’urbanisation, autour d’approches de planification urbaine centrées sur la qualité du cadre de vie et sur la mixité sociale et fonctionnelle
  • Mise en place d’outils de planification et de gestion adaptés aux spécificités des grands pôles urbains
  • Consacrer le rôle du transport public comme service public de base et comme mode de transport privilégié avec le renforcement de son financement
  • Améliorer l’accès à un logement décent et adopter une politique de l’habitat qui favorise la mixité sociale, qui contribue à la mobilité et l’inclusion socioéconomique et à un meilleur cadre de vie, et assure un usage efficient des ressources publiques
  • Poursuivre l’inclusion numérique des territoires pour renforcer la participation et améliorer l’accès aux services publics notamment dans les zones reculées, et à des tarifs raisonnables…

Enfin, les pouvoirs publics (notamment les ministères de l’Aménagement du Territoire National, de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Politique de la Ville, et le ministère de l’Intérieur) travaillent en continu sur l’amélioration des dispositifs de planification urbaine. Le MATNUHPV envisage une profonde refonte de la philosophie des documents d’urbanisme et une réorganisation des agences urbaines. Le MI, par le biais de la DGCT renforce son accompagnement aux collectivités territoriales dans l’exercice de leurs prérogatives, notamment en matière de planification et de gestion des services publics.

En dépit de tout ce qui précède, les résultats restent mitigés quant à la qualité de nos espaces de vie et de notre cadre bâti. 

Dans leur majorité, nos villes sont incapables de :

  • Produire la richesse et l’emploi à la hauteur des investissements injectés,
  • Constituer un lieu où il fait bon vivre,
  • Fournir un paysage propre et esthétique,
  • Garantir une inclusion sociale et culturelle,
  • Protéger l’environnement et les ressources naturelles…

Les causes de ces incapacités sont multiples et concernent plusieurs parties prenantes. Les projections de nos besoins sur le sol, l’organisation de l’occupation de notre espace, les règles d’aménagement et de construction, sont autant de facettes de la planification urbaine qu’il faudra questionner. 

Le processus d’élaboration des documents d’urbanisme, leurs référentiels, leurs contenus, les enjeux financiers qu’ils sous-tendent, les conflits politiques qu’ils génèrent…font de ces documents des instruments puissants, dangereux mais indispensables.

Comment, donc faire de la planification urbaine un vrai levier pour assurer la durabilité de nos villes ? Telle est la grande question à laquelle tentera de répondre le FCS7.

    Finalité du forum

    Réaffirmer la posture de la communauté des Centraliens-Supélec / Maroc en tant que force de proposition, en quête de transformer les grands défis en opportunités de développement, notamment au niveau des villes marocaines.

    Objectifs du forum

    1. Sensibiliser la communauté des Centraliens-Supélec / Maroc à propos des principaux enjeux de la ville et faire émerger de nouvelles vocations et / ou idées de projets
    2. Prospecter des pistes originales pour améliorer le processus de la planification urbaine
    3. Produire des recommandations audacieuses et pragmatiques à destination des décideurs (pouvoirs publics, secteur privé, universitaires et chercheurs, société civile, …) pour une ville durable
    4. Participer à la mise en œuvre du Nouveau Modèle de Développement (Axe 4, Choix stratégique 3 : « Favoriser un aménagement intégré des territoires, améliorer l’habitat et le cadre de vie, et renforcer la connectivité et la mobilité »).
    5. Éclairer, interpeller, contribuer à la prise de conscience pour l’amélioration des conditions de vie en ville en la rendant plus accessible, inclusive, résiliente, productive et durable.

    Les quatre sous-thématiques

    Les enjeux des villes sont d’une telle diversité, complexité, interférences, qu’il est totalement improductif et illusoire de vouloir les traiter dans un même forum. Le choix pour le FCS7 est de focaliser l’attention sur la planification urbaine avec quatre angles d’analyse :

    1. La planification urbaine : reengineering du processus et de la gouvernance
    2. La planification urbaine et l’inclusion socio-économique et le bien-être
    3. La planification urbaine et les défis de la mobilité
    4. La planification urbaine et les enjeux de la durabilité (environnement, énergie, changement climatique,…)

    Format du forum

    Le forum sera organisé selon un format à deux temps :

    1. Temps 1 (dimanche 13 novembre 2022 à 10h00) : 4 ateliers parallèles selon les sous-thématiques ci-dessus. Chaque atelier regroupera 15 à 20 personnes. Il sera modéré par un membre du comité scientifique. Un à deux intervenants (experts et / ou praticiens) alimenteront la réflexion et le débat par des présentations liminaires (15 à 20 mn chacune). Un à deux rapporteurs seront chargés de collecter les recommandations à valider en fin d’atelier par les participants, et à présenter lors de la plénière du lendemain.
    2. Temps 2 (lundi 14 novembre 2022 à 9h00) : Plénière avec deux segments :
    1. Officiel : Mots du président, du directeur du forum et des invités officiels (Ministres, hauts responsables, invités de marque…)
    2. Scientifique : conférence magistrale suivie de la présentation des recommandations des ateliers. Un panel de 2 à 3 personnalités sera interpellé pour réagir aux présentations précédentes. Puis débats, synthèse et clôture.

    Le format original du forum, consistant à commencer par des ateliers avec une production de recommandations à présenter lors de la plénière, illustre le désir de la communauté des Centraliens-Supélec d’être opérationnelle et pragmatique.

    Synopsis des 4 atliers

    Chaque atelier sera introduit par une à deux présentations faites par des experts intervenants pour éclairer les participants sur la sous-thématique à débattre. Le modérateur animera le débat et veillera à la production de recommandations innovantes et pragmatiques, avec l’aide des experts intervenants et des rapporteurs.

    Atelier 1 : La planification urbaine : reengineering du processus et de la gouvernance

    Synopsis : La planification urbaine est le processus permettant la production et l’organisation des espaces de vie aussi bien dans l’urbain que dans le rural. Les deux principaux documents d’urbanisme sont le SDAU (Schéma Directeur D’aménagement Urbain) et le PA (Plan d’Aménagement). Leur démarche d’élaboration souffrent de plusieurs lacunes et soulèvent de multiples contestations. 

    Les participants de l’atelier sont appelés à proposer des solutions originales pour réformer les procédures et assurer une meilleure gouvernance de la planification urbaine… 

    Atelier 2 : La planification urbaine et l’inclusion socio-économique et le bien-être

    Synopsis : L’attractivité des villes, qui s’est faite historiquement en fonction des ressources naturelles, des infrastructures de connexion, des richesses agricoles, etc. est désormais déterminée par le niveau de bien-être qu’elle peut apporter à ses habitants et visiteurs.

    De fait, la planification place les besoins de l’Homme au centre des préoccupations puisqu’elle doit assurer la disponibilité, à des coûts raisonnables, des services attendus, qu’il s’agisse de la santé, de l’éducation, du transport, de la connectivité, des lieux de culte, de la culture…

    Paradoxalement, l’amélioration de ces services, en renforçant l’attractivité du territoire, devient aussi, de manière involontaire, un facteur d’exclusion. Les acteurs publics se doivent alors de réagir pour promouvoir une plus grande diversité.

    Les participants de l’atelier sont invités à trouver des pistes pour permettre à la planification urbaine de promouvoir en même temps l’inclusion socio-économique et le bien-être des citoyens.

    Atelier 3 : La planification urbaine et les défis de la mobilité

    Synopsis : La mobilité est intimement liée à l’urbanisme. Pourtant rares sont les documents d’urbanisme qui intègrent en amont les enjeux de la mobilité. Conséquence : des quartiers périphériques, des villes nouvelles se retrouvent mal connectés aux centres villes et aux bassins d’emplois. A l’intérieur des villes, notamment les métropoles, les déplacements sont compliqués et l’offre en transport public n’est pas toujours à la hauteur. En plus des effets négatifs sur la productivité, des effets de plus en plus notoires se font sentir sur le plan de la qualité de l’air, de la pollution sonore, de l’encombrement des espaces publics…

    Les participants de l’atelier sont appelés à proposer de nouvelles idées pour intégrer les défis de la mobilité durable dans la planification urbaine…

    Atelier 4 : La planification urbaine et les enjeux de la durabilité (environnement, énergie, changement climatique,…)

    Synopsis : Le Maroc connaît une urbanisation accélérée, principalement dans les villes du littoral, provoquant une détérioration environnementale grandissante : conséquences attendues du dérèglement climatique, perte massive des terres agricoles de qualité et de la biodiversité, gestion inadéquate des arrière-pays, pollution des eaux souterraines, déficit en services d’accès à l’eau potable et à l’assainissement, absence d’un réseau de transports approprié et développement insuffisant de l’inter-modalité, gestion inappropriée et déficit en valorisation des déchets et impacts négatifs sur la santé humaine.

    Dans ce contexte de vulnérabilité environnementale, nos villes devront évoluer vers des lieux de vie décente et dans un environnement sain : réduction de l’étalement urbain, construction de bâtiments économes en énergie, éclairage public performant, transferts modaux pour le transport, nouvelles formes de mobilité, gestion rationnelle de l’eau, gestion et valorisation des déchets, etc.

    A cette fin, nos villes doivent conduire des politiques territoriales écologiquement responsables, être des acteurs majeurs de la transition énergétique et écologique du pays et entraîner toute la gouvernance urbaine sur les thèmes du développement durable.

    Cela commence par une planification urbaine (SDAU (Schéma Directeur D’aménagement Urbain) et PA (Plan d’Aménagement)) qui intègre les objectifs de l’Accord de Paris sur le Climat et des ODD de 2030.

    • Charte de bonne gestion énergétique communale ;
    • Mobilités urbaines plus durables et plans de déplacement des administrations communales ;
    • Bâtiments énergétiquement performants ;
    • Gestion intégrée et optimisée avec valorisation des déchets ;
    • Modernisation de l’éclairage public ;
    • Promotion des énergies renouvelables ;
    • Plans de communication, de sensibilisation et d’éducation ;

    Les propositions et recommandations concrètes qui émaneront de cet atelier contribueront à assurer une meilleure gouvernance de la planification urbaine et à façonner sur le long terme nos comportements et nos modes de production et de consommation, afin de préserver nos ressources et notre environnement et d’assurer un développement durable de nos villes.

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